La Méditation et les pratiques d'attention

être… présent c'est-à-dire être là,ici et maintenant est le fondement même du vivre de l'existence.

 

Mais bien souvent nous sommes dans le passé ou déjà dans le futur.En outre notre esprit vagabonde sans cesse.Nous passons d'une pensée,d'une image a une autre.Des émotions des souvenirs nous assaillent continuellement.Il est peu aisé de vivre l'instant présent, difficile d'être à l'écoute de ce que l'on fait,de ce que l'on dit,de ce que l'on entend.Mais il existe des moyens pour améliorer ce vagabondage conscient et inconscient.Ce sont les pratiques d'attention bien connue depuis des millénaires et que l'on confond trop souvent avec les pratiques méditatives.

 

On les retrouve dans l’hindouisme, le bouddhisme,l’islam, la chrétienté,
les philosophies grecques anciennes et européennes modernes.
Chez les anciens Grecs l'attention (prosochè) qu'on appellerait
maintenant la présence attentive consistait à prendre conscience,
au décours de la journée,de chaque instant présent.
C’est «une vigilance et une présence d’esprit continuelles, une conscience
de soi toujours éveillée, une tension constante de l’esprit (Hadot).
Les exercices de méditation (meletai) étaient principalement des exercices
de réflexion sur les événements de la journée avec mémorisation voir
réflexion sur un thème donné comme par exemple la mort à méditer au
moment du coucher.
Dans la tradition indienne les Upanishads (1500 av. J.-C) réduisent et
apaisent le flot des pensées en fixant son attention sur la respiration.
La tradition bouddhiste pour réduire les errances mentales et accepter
le présent tel qu’il est développe principalement deux approches
les méditations de Samatha (attention vigilante) et de Vipassana
(attention détendue,libreColler en tant que texte brut).
le taoïsme utilise des techniques de focalisation de l’attention sur la
respiration et des pratiques immobiles ou en action.
Signalons aussi les rituels de prière attentive dans la Kabbale pour
la religion juive, de prière du cœur dans la religion chrétienne orthodoxe
et bien sûr, la pratique des derviches tourneurs pour l’Islam avec comme
but une réduction de l’éparpillement de l’attention.
Montaigne et son idée clé du « vivre à propos » :« Quand je danse, je danse
; quand je dors, je dors.Sainte Thérèse «si tu fais la vaisselle ne pense pas
a la vaisselle,fais la vaisselle». Sans oublier les exercices spirituels de saint
Ignace de Loyola.
Il existe maintenant des pratiques formelles laïcisées qui s’inspirent de ces
techniques en associant bien souvent d'autres approches plus modernes.
Elles enseignent toutes,d'abord les pratiques d'attention a la respiration ou
au sensations du corps comme prémisse éventuel aux pratiques de
réfléchissement méditatif ou contemplatif.
Car nous possédons une disposition (capacité) ou ressource naturel qui
ne demande qu'a être exploité,l'attention.
Cette disposition ou faculté d’attention et de prise de conscience à
l’expérience présente (attentivité) serait une capacité innée présente chez
tous les individus à des degrés divers qui peut d'ailleurs être stimulée et
cultivée par des pratiques autres que la méditation.Cette disposition est
souvent confondue avec les dispositifs mis en œuvre dans les pratiques.
( Brown et Ryan – 2003). Ne serait t il donc pas plus juste de parler de pratiques d'attention ou
de soi,des méditations au lieu de la méditation ?
Csillik, A., Tafticht, N., Les effets de la mindfulness et des interventions
psycholo-giques basées sur la pleine conscience. Pratiques psychologiques
(2012),
M.Trousselard L'Encephale, 40 (2014) 474-480

 

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